Charlie…. les aider à comprendre….

 

Comment expliquer les événements aux enfants tout en restant distancier et juste?

 

Les événements dramatiques de ces derniers jours ont atteint la plupart des familles… De nombreux documentaires, éditions spéciales et autres hommages ont vu le jour et d'autres suivront. Des images de profonde affliction sont diffusées en boucle dans les médias. Que suscitent–elles auprès des enfants?

La nécessité d'encadrer les plus jeunes dans leur processus de compréhension des événements s’avère indispensable. Mais la tâche est périlleuse Comment les aider à décrypter les événements avec justesse ? Comment se défaire du sensationnel et de l’émotionnel ? Comment éviter le scénario catastrophe ? Comment de ne pas créer la confusion musulman / terroriste et la caricature ? Comment ne pas donner de vision manichéenne gentil/méchant?  Comment ne pas présenter la communauté musulmane comme un peuple terroriste.

Les parents doivent favoriser les faits, le débat et miser sur la libération de la parole à travers les échanges en famille explique l'un des pédopsychiatres les plus brillants de sa génération, le docteur Stéphane Clerget. Docteur en médecine, spécialisé en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, il s’était déjà mobilisé pour les attentats du 11 septembre : « Il y a une vraie prise en compte de l'affectif de l'enfant. L'objectif est de réfléchir, ensemble, pour que ce genre de drame ne se reproduise pas ».

Serge Tisseron, de son côté, a écrit une trentaine d'essais sur les rapports que nous entretenons, en autre avec les images et les médias.
Des démarches ont vu le jour dans les écoles et d'autres probablement encore. Il a réalisé, de 1997 à 2000, une étude sur les effets individuels et collectifs des images violentes chez les enfants âgés de 11 à 13 ans, à la demande du Ministère de la Culture et du Ministère de la famille, avec la participation du Ministère de l’éducation nationale. Ses résultats complets ont été publiés sous forme d'un ouvrage : Enfants sous influence, les écrans rendent-ils les jeunes violents ? , Armand Colin, 2000.

 Auteur de travaux sur la résilience collective, il a crée l'IHMEC (Institut des mémoires de l'Edition contemporaine) et le site memoiredescatastrophes.org, financé par le MEDDE (Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie) qui favorise le recueil des témoignages et les échanges autour des catastrophes passées et actuelles, en accord avec la loi de modernisation de la sécurité civile promulguée le 13 août 2004 qui fixe pour objectif de mobiliser l’ensemble des compétences contre les risques technologiques, naturels ou de nature terroriste, en insistant notamment sur l’encouragement des solidarités. Le site participe à ce projet en renforçant la capacité des populations d'anticiper, de résister et de se relever après une catastrophe.

Des démarches ont vu le jour dans les écoles et d'autres probablement encore. Avoir vécu un événement traumatisant n'est anodin pour personne. Il est normal que l'on en soit perturbé pendant quelques jours ou quelques semaines, et que cela laisse un souvenir pénible et désagréable. Le but de tous ces efforts est de permettre aux enfants, comme aux plus grands de reprendre une vie normale, sans peur, crainte et angoisse: cela en vaut la peine!

Image d'illustration 1A Marseille, un enfant et son père participent à un rassemblement en hommage aux victimes de l'attentat commis au siège du journal "Charlie Hebdo", le 7 janvier 2015 à Paris. (MAXPPP)

Image d'illustration 2: Comment parler des fusillades aux enfants?